Famille
Textuel

Divorce (France)

3 octobre، 2026 · Cheikh Dr Hassan Salim Blidi · Temps de lecture: 3 Minutes
Question

Assalamou alaykoum wa rahmatoullahi wa barakatouh, Cheikh. J’aurais une question très importante concernant mon mariage et j’aurais besoin de votre avis religieux selon le Coran et la Sunna, avec la compréhension des pieux prédécesseurs. J’ai déjà prononcé deux talaq à ma femme auparavant, à deux moments différents, et il y a eu une reprise de la vie conjugale entre les deux. Récemment, ma femme a insisté pour que je la divorce. Elle était en crise, pleurait et insistait fortement. Elle a fermé la porte et caché les clés pour m’empêcher de sortir. Je devais aller travailler et mon patron m’appelait sans arrêt. Je ne voulais absolument pas divorcer de ma femme, mais j’ai fini par lui dire : « Je te divorce », à contre cœur, sous la pression de la situation. Ma femme est actuellement enceinte. Ma question est la suivante : est-ce que ce troisième talaq est considéré comme valide religieusement, sachant que je ne voulais pas divorcer et que ma femme m’avait enfermé en cachant les clés ? Je vous remercie sincèrement pour votre aide et votre réponse. Qu’Allah vous récompense.

Réponse

Wa ‘alaykoum as-salâm wa rahmatoullâhi wa barakâtouh.

Qu’Allah vous facilite une issue juste et apaise votre foyer.

Il n’est pas possible d’affirmer, sur la seule base de ce récit, que ce troisième divorce est valable ou qu’il ne l’est pas. Il faut distinguer un divorce prononcé à contrecœur d’un divorce prononcé sous une contrainte reconnue religieusement.

Le Prophète ﷺ a dit : « لا طلاق ولا عتاق في إغلاق » — « Pas de divorce ni d’affranchissement en situation d’ighlâq. » Rapporté par Abû Dâwûd, n° 2193. Des savants, notamment l’imam Ahmad, ont expliqué que l’ighlâq comprend la contrainte. Selon l’avis retenu notamment par le cheikh Ibn Bâz, le divorce prononcé sous une véritable contrainte ne prend pas effet.

Cependant, le seul fait de ne pas souhaiter la séparation ne suffit pas à annuler une formule explicite comme « Je te divorce ». Les pleurs, l’insistance et la pression émotionnelle ne constituent pas automatiquement une contrainte invalidant le divorce.

Le fait qu’elle ait fermé la porte et caché les clés doit donc être examiné précisément : étiez-vous réellement empêché de sortir ? Pendant combien de temps ? Pouviez-vous vous dégager ou obtenir de l’aide ? Existait-il une menace ou un préjudice sérieux ? Ces circonstances peuvent être déterminantes, mais elles ne permettent pas, à elles seules, de trancher à distance. Le cheikh Ibn Bâz précise lui-même que la réalité de la contrainte doit être vérifiée par l’autorité qui examine le litige.

La grossesse, quant à elle, n’empêche pas le divorce de prendre effet. Le Prophète ﷺ a indiqué à Ibn ‘Umar qu’il pouvait divorcer de son épouse lorsqu’elle était en état de pureté ou enceinte — rapporté par Muslim, n° 1471. Elle ne constitue donc pas un motif d’annulation.

Si les deux premiers divorces étaient valables, que les reprises du mariage étaient régulières et que cette troisième prononciation est reconnue valable, il s’agit alors d’un troisième divorce entraînant une séparation majeure : une simple reprise de la vie conjugale ou un nouveau contrat entre vous ne suffit plus. Allah expose cette règle dans la sourate al-Baqara, verset 230.

Vous devez donc consulter rapidement un savant compétent en matière de divorce, en présence de votre épouse si possible, afin qu’il examine les trois prononciations, les reprises et les circonstances exactes de l’enfermement. Dans l’attente, abstenez-vous des rapports conjugaux jusqu’à clarification de votre situation.

Qu’Allah vous guide vers ce qui est juste et préserve chacun de vous de l’injustice. Et Allah sait mieux.

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